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Sui-to Poteto, bouchées sucrées japonaises à la patate douce

Le 20 mars 2016

Lorsque j’ai commencé mes recherches sur les pâtisseries japonaises, je suis tombée sur un article de Chihiro Masui dans lequel elle parlait du rapport qu’entretiennent les japonais avec la patate douce. Je l’ai trouvé très beau, très doux, emprunt de nostalgie d’une enfance japonaise qui m’a paru à la fois si loin et si proche. Jamais je ne m’étais imaginé que la patate douce pouvait prendre la même place dans l’imaginaire collectif japonais que par exemple le pain au chocolat en France. Mais cela semble pourtant être le cas. Je ne sais pas si cela s’applique à l’ensemble du territoire mais même si ce n’est vrai que pour une région, cette jolie histoire me suffit.

Chihiro raconte que le satsuma-imo, la patate douce (imo signifie « patate », et Satsuma est le nom de la province depuis laquelle la culture de la patate douce s’est répandue) était autrefois vendue cuite dans la rue par des vendeurs qui tiraient leurs chariots munis d’un feu à bois en criant « yaki-imo, ishi-yaki-imo », soit « patate cuite, patate cuite à la pierre ». On se précipitait en acheter et on les ramenait encore brûlantes chez soi, à déguster en accompagnement d’une bonne tasse de thé. La cuisson de la patate douce au feu de bois, sur pierres, permettait de faire ressortir le sucre contenu dans la patate d’une manière particulière, ce qui la rendait encore plus agréable aux gourmands. On dit qu’il s’agissait d’un des péchés mignons des mères de famille, qui en mangeaient en secret avant d’aller récupérer leurs enfants à l’école. Aujourd’hui, les chariots ambulants ont été remplacés par des petits camions qui ne sont plus guère nombreux.

Au cours des siècles, la patate douce est devenue un ingrédient important de la pâtisserie japonaise. Cela peut paraître étrange mais c’est en fait la même logique que pour l’utilisation d’haricots azukis : utiliser des produits naturellement sucrés pour palier le manque de sucre raffiné sur l’île. Alors au début de l’automne, lorsque les premières satsuma-imo sortent de terre, on voit arriver des pâtisseries aux teintes jaunes pâles, à la texture moelleuse et aux saveurs toutes douces.

 

Sue-to-poteto-4-2 (Copier)

 

Malheureusement, il est presque impossible de se procurer des patates douces japonaises en France, et même en Europe d’une manière générale. La patate douce japonaise renferme une chair jaune pâle, tandis que celle que l’on trouve sur nos étals est très clairement orange. On ne pourrait en trouver que dans quelques épiceries asiatiques spécialisées, mais à un prix exorbitant, du style 10 €/kg… J’ai beau être curieuse mais là, non merci, très peu pour moi. J’ai lu que ces deux variétés de patates n’avaient pas grand chose à voir l’une avec l’autre, et donc que les pâtisseries que je pourrais faire avec mes patates oranges n’auraient pas le même goût qu’avec des patates jaunes. Tant pis, je me suis tout de même lancée ! Et je suis ravie du résultat obtenu.

 

Sue-to-poteto-3-2 (Copier)

 

La recette que j’ai choisi de faire n’est pas une recette très ancienne. Je ne sais pas si elle rentre dans la catégorie des wagashi… ou si c’est le cas, elle ne doit pas l’être avec ces ingrédients (je ne suis pas sûre que le lait concentré sucré soit très traditionnel…). Il s’agit tout simplement d’une sorte de purée de patate douce, à laquelle on ajoute du beurre, de la crème, un peu de jaune d’oeuf et de sucre, potentiellement un peu de cannelle, et qu’on refait cuire. Elle porte un joli nom : Sui-to Poteto, tout simplement Sweet Potato, le nom anglais de la patate douce à la sauce japonaise. Encore une preuve que cette recette ne remonte pas à très loin hein ? Mais peu importe car elle reste dans ce style très simple, très épuré de pâtisserie que j’apprécie. Parfois, ce sont les desserts les plus simples qui sont les plus agréables…

 

Sue-to-poteto-2-2 (Copier)

 


 

Recette

Adaptée d’après Tokyo – Les recettes cultes de Maori Murota aux éditions Marabout

 

Ingrédients

 

Pour les bouchées

400 g de patate douce

50 g de beurre doux

10 g de sucre blond

50 mL de lait concentré sucré

30 mL de crème fleurette

1 bonne pincée de sel

1/2 jaune d’oeuf

 

Pour la dorure

1/2 jaune d’oeuf

1 cs de crème fleurette

 

Faites cuire les patates douces sans les peler dans de l’eau bouillante jusqu’à ce qu’elles soient cuites (environ 30 minutes pour moi). Vous pouvez aussi les faire cuire à la vapeur ou au four si vous préférez.

Préchauffez le four à 200°C.

Sortez les patates et épluchez-les (attention, ça brûle !). Coupez-les grossièrement puis mettez-les dans un saladier.

Ajoutez le beurre et mixez (ou écrasez avec une fourchette si vous n’avez pas de mixeur).

Ajoutez le sucre, le lait concentré sucré, la crème fleurette et le 1/2 jaune d’oeuf. Mixez à nouveau.

Versez dans des moules à mini-muffins.

Dans un petit bol, mélangez le 1/2 jaune d’oeuf restant à la crème fleurette.

Badigeonnez les bouchées de ce mélange.

Enfournez environ 11 minutes.

Sortez et laissez refroidir entièrement.

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  1. Lili Dans Les Etoiles

    Une jolie histoire… Une jolie recette… Et un joli blog que je découvre et vais de ce pas continuer à découvrir !

  2. Une belle découverte ! Moi qui adore la cuisine asiat et qui suis plutôt « bec salé », j’avoue que tes bouchées me font de l’oeil !

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