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Les recettes de mes amis japonais d’Isabelle Boinot

Le 15 novembre 2015

Quand on aime cuisiner, internet est un outil magique. Il suffit de taper quelques mots dans un moteur de recherche pour se voir proposer des tas de variantes d’un même plat et toutes les astuces qui permettent de le réussir à tous les coups. On a des photos, des vidéos, des textes détaillés, des informations sur le choix des ingrédients, leurs préparations et tout ce qui va avec. Face à cette mine d’informations, on pourrait croire que les livres de recettes sont désormais obsolètes. Pourtant, il s’en vend et s’en publie de plus en plus chaque année. Il semble donc que dans ce domaine particulier, internet et papier soient complémentaires. Et ça tombe bien parce que les livres de recette, moi, j’adore ça ! J’en ai toute une collection, il y a mes chouchous, ceux que j’utilise le plus souvent, ceux que je ressors pour des recettes spécifiques, ceux qui sont magnifiques mais dont je n’ai encore fait aucune recette, ceux que j’ai oubliés et que je redécouvrirai plus tard, ceux qui sont tâchés, ceux que je connais par coeur et que j’ai offerts plusieurs fois… J’ai même créé une bibliothèque murale dans ma cuisine pour qu’ils soient toujours à portée de main.

Paradoxalement, j’ai remarqué ces derniers temps que plus je bloguais, moins j’éprouvais de plaisir à feuilleter les livres de recettes. A une certaine époque, j’étais capable de rester une heure entière au rayon cuisine des librairies à passer de livre en livre, de recette en recette. Je ne sais pas bien ce qui a changé entre temps ; peut-être y en a-t-il trop ? Peut-être se ressemblent-ils tous un peu ? Pas assez d’originalité dans le format ou les recettes proposées ? Face aux prémices de désaffection pour un objet qui m’a tant passionnée, je n’ai vu qu’une seule issue : sélectionner ceux qui me paraissent les plus intéressants et les décortiquer, afin de retrouver tout ce qui fait la beauté et la singularité d’un livre de recettes.

J’étais donc à la librairie, entourée de livres de cuisine, en train de chercher celui qui inaugurerait cette chronique quand mon regard s’est porté vers ce qui ressemblait à un petit cahier d’école, blanc. Sur la première de couverture, pas de photo mais des dessins. Carottes, choux, gingembre, poisson, sauces, haricots, ils semblaient tous danser les uns avec les autres dans un joyeux tourbillon de saveurs. Interpellée, je le pris dans mes mains. En découvrant son titre, Les recettes de mes amis japonais, j’ai tout de suite su que ce livre me plairait.

 

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Ce petit livre est l’oeuvre d’Isabelle Boinot, une illustratrice de talent un peu touche-à-tout qui aime cuisiner et qui s’est dit, un jour, qu’il y avait peut-être quelque chose à faire de toutes ces recettes illustrées qu’elle possédait. Oui parce qu’apparemment, quand on est une dessinatrice passionnée c’est en croquis qu’on retranscrit les recettes.

Dans Les recettes de mes amis japonais, Isabelle nous fait découvrir des recettes typiquement japonaises, plutôt simples à préparer et qui ne requièrent aucun matériel spécifique. Ou en tout cas, rien que quelqu’un qui aime cuisiner n’aurait pas déjà chez lui. En ce qui concerne les ingrédients, c’est à peine plus compliqué. La plupart d’entre eux peuvent être trouvés facilement au supermarché ou en magasins bio, mais pour certaines recettes il faut tout de même compléter par un petit tour en épicerie asiatique (ou sur le web). Une des choses très intelligentes de ce livre est que les mêmes ingrédients reviennent souvent. On peut donc faire presque toutes les recettes avec peu d’achat.

Voici quelques exemples de recettes :

 

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Chaque recette du livre est précédée d’une double page de présentation de l’ami(e) de l’auteure à l’origine du plat. Chaque recette a donc une histoire, et c’est une des choses que je trouve remarquable dans ce petit ouvrage. Isabelle réussit à nous embarquer dans ses valises et à nous faire entrer dans les cuisines de ses amis japonais. On a l’impression d’être avec eux, on essaie de deviner les odeurs qui s’échappent des casseroles et les discussions qu’on pourrait avoir autour de chaque plat. J’aime que les ingrédients et que les étapes de préparation soient dessinés. Et pourtant, je n’aime pas vraiment les livres qui décrivent pas à pas les différentes opérations à effectuer, photos à l’appui. Mais là, ça n’a rien à voir : on lit ce livre de recettes comme une bande dessinée, ou comme un livre pour enfants. On fait attention à chaque petit dessin et à la fin de la recette, on essaie d’imaginer ce à quoi pourrait ressembler le plat en vrai.

 

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Les recettes de mes amis japonais est donc un livre qui fait travailler son imaginaire culinaire et qui donne envie de se mettre derrière ses fourneaux, ce qui est exactement ce que j’attends d’un livre de cuisine de cette catégorie. C’est-à-dire pas un livre de techniques mais un livre d’histoire. J’ai essayé de chercher un point négatif, quelque chose à redire pour vous donner un avis qui n’aille pas que dans un sens… mais je ne vois pas. Les recettes sont originales, bien décrites, de plusieurs niveaux de difficultés. Il n’y en a que 25 pour un prix de 10 euros, ce qui peut sembler être un rapport plutôt faible mais en réalité, leur diversité et le travail de conception qu’il y a derrière justifient amplement le prix.

Isabelle Boinot a conçu d’autres petits livres du même acabit, toujours aux éditions Cambourakis, que je vous invite à découvrir : Mes recettes de fêtes (que j’ai également acheté, très bon livre), Mes recettes à emporter, Mes recettes pour le goûter.

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  1. Elsa (Envie d'une recette végétarienne ?)

    Super article Élise ! J’aime beaucoup. J’adoré les recettes dessinées… 🙂
    Merci du conseil et tout plein de bises.

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