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Porc tonkatsu et Exposition universelle 2015

Le 11 novembre 2015

Cet été j’ai passé quelques jours en Italie. J’en ai profité pour découvrir Milan, cette grande ville du nord de la botte que je ne connaissais pas du tout. Heureux hasard, c’est justement cette année que la capitale lombarde accueillait l’exposition universelle. Le thème de cette édition était très beau, c’était « Nourrir la Planète, Énergie pour la Vie ». Chaque pays devait donc construire un pavillon dans lequel répondre à cette problématique. Imaginez-vous : des représentants de 145 pays réunis sur un immense terrain rempli de bâtiments plus surprenants les uns que les autres, censés partager et échanger sur des problématiques essentielles pour l’avenir de la planète. Comme on est un peu idéalistes écolos avec mon copain, on était enchantés à l’idée de passer une journée dans cet endroit.

En arrivant sur place, nous décidâmes de commencer par remonter entièrement la longue allée centrale afin de sélectionner les pavillons à visiter. On nous avait en effet prévenu qu’il était impossible de visiter l’ensemble des pavillons en une seule journée. Nous nous baladions donc innocemment quand tout à coup, ce fut le drame : un stand Ferrero… puis un second… avec une énooooooorme statut de pot de Nutella ! Ok on était en Italie… mais cela justifiait-il de faire une aussi grande publicité à cette marque ? Un peu plus loin, nouvelle déconvenue : Mc Donald’s avait un pavillon entier. Oui oui, le même poids qu’un pays. Enfin, pas n’importe quel pays, un pays qui avait pu se payer un beau pavillon sur l’allée centrale. Parce qu’en fait, derrière l’allée centrale se cachaient d’autres pavillons. Ceux des pays d’Afrique noire par exemple, pour qui la problématique « Nourrir la Planète, Energie pour la vie » revêt pourtant une importance encore plus grande que chez nous. Eux étaient placés dans des bâtiments de seconde zone, peu attrayants, vides. D’ailleurs, vous verrez c’est ironique mais juste à côté de leur case, Coca-Cola avait construit un stand gigantesque, bien plus impressionnant.

Bref, nous n’étions pas encore entrés dans un seul pavillon que nous étions déjà déçus. Heureusement, tout au bout de l’allée nous avons eu la bonne surprise de découvrir un espace réservé à l’association italienne Slow food, avec des fiches didactiques sur des questions comme les OGM, les abeilles, l’agriculture alternative, etc, et un potager qui faisait rêver. Slow food est une association créée par Carlo Petrini en 1986 qui a, depuis, essaimé tout autour du monde. Ce mouvement se présente comme l’alternative durable à la fast food en prônant une agriculture raisonnée et les circuits courts. Et surtout, en demandant aux gens de reprendre le temps de manger. Si c’est une problématique qui vous intéresse vous pouvez en apprendre plus par ici.

Assez rapidement, nous comprîmes que tous les pavillons partageaient un but commun : vouloir nous vendre le plus de nourriture et de souvenirs possible. C’était un peu « Voici les plats qu’on mange chez nous. Ça vous dit ? Avancez, la caisse est au fond à droite. » Énervant, rageant, horripilant. Et pourtant, c’était tout ce que proposait l’écrasante majorité des pays participants.

Ensuite, on pouvait distinguer plusieurs tendances :

1/ Les pays qui étaient clairement indifférents à l’enjeu de l’événement et qui se contentaient de présenter leurs spécialités culinaires dans des bâtiments à l’architecture originale. Le niveau zéro de l’engagement.

2/ Les pays qui n’avaient pas les moyens d’investir dans l’exposition et qui ne disposaient que de toutes petites salles converties en commerces. Je pense à l’espace réservé aux pays d’Afrique noire, qui aurait pu (et du) être un endroit incontournable de cette exposition. Heureusement, les organisateurs avaient pris soin de disposer au centre de la petite place quelques panneaux résumant différents enjeux auxquels ces habitants font face, et les solutions qu’ils essayent d’y apporter. J’ai été perturbée par cette visite. J’ai ressenti un grand sentiment de peine et d’impuissance face aux inégalités criantes entre pays développés et en cours de développement, et en même temps j’étais énervée de me faire avoir par un événement qui était à 95% du marketing, fait pour que les visiteurs du monde entier dépensent leur argent sans trop réfléchir.

3/ Les pays qui n’insistaient pas outre mesure sur la vente de produits mais qui ne s’étaient pas non plus creusés trop la tête pour savoir comment nourrir la planète et trouver les énergies de demain. Par exemple : l’Autriche, qui a simplement ramené un bout de foret de chez elle.

4/ Les pays qui faisaient semblant de répondre à la problématique en essayant de nous mettre de la poudre aux yeux : par exemple les Etats-Unis, avec leur mur de végétation, un procédé très intéressant, très esthétique, mais qui ne suffit pas à lui seul à répondre au défi posé. On en attendait plus du géant américain. A noter qu’ils avaient un petit parc spécial food trucks juste à côté du mur végétal.

5/ Ceux qui ont essayé de répondre à la problématique. Par exemple : la France (et pourtant je ne suis pas chauvine), le Japon, l’Allemagne et le sultanat d’Oman. Là, on apprenait des choses !

Malgré la déception que nous avions ressentie face au peu d’informations apportées sur le thème Nourrir la planète, Energie pour la vie, nous avions passé une bonne journée. L’originalité des bâtiments, le sentiment de faire partie d’un événement particulier et l’excitation renouvelée face à chaque nouveau pavillon ont contribué à rendre cette journée spéciale. Une journée qui nous a donné une bonne leçon : celle de ne pas attendre de la part d’événements de cette taille de nous apprendre quoi que ce soit sur des sujets de fond. Pour 70 € (35€ la place x 2), mieux vaut s’acheter de bons bouquins.

J’aurais encore beaucoup à vous dire sur ce sujet mais je vais m’arrêter là. Si vous souhaitez en lire un peu plus n’hésitez pas à faire un tour ici, ici ou ici.

Voici quelques photos prises à la va-vite pour vous donner un petit aperçu visuel de cette exposition universelle :

 

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Venons-en maintenant à la recette du jour, le porc tonkatsu, et son lien avec l’exposition de Milan.

Une des choses que nous avons apprises lors de cette exposition était que le peuple japonais était l’un des seuls (le seul ?) à faire à la fois partie des peuples les plus nourris et des peuples les moins « gros ». Une preuve de plus de la qualité de leur régime alimentaire ! Le soir, nous réfléchissions à cette question autour d’une bonne escalope milanaise… quand il m’est apparu que ce plat n’était pas très éloigné du porc tonkatsu, cette fameuse escalope de porc panée dont raffolent les japonais bien qu’elle ne fasse pas partie du côté « sain » de leur alimentation ! Ce morceau de viande est simplement accompagné d’une sauce tonkatsu que l’on peut acheter toute faite en épicerie asiatique ou faire soi-même très simplement. Traditionnellement, les japonais utilisent de la panure « panko ». C’est une panure plus épaisse que celle que l’on utilise en Europe et qui permet notamment d’apporter plus de croquant et de mieux retenir les sauces. Personnellement, j’ai pris l’habitude de préparer ma panure toute seule. C’est très simple, il suffit de prendre du pain très sec ou des tranches de pain grillées bio achetées dans le commerce et de les passer au mixeur. Pour s’approcher de la panure panko il suffit de s’arrêter de mixer avant d’obtenir de la poudre trop fine. Avec cette recette, voici donc comment faire venir le Japon chez vous en un rien de temps !

 
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Recette

D’après Tokyo – les recettes cultes aux éditions Marabout

 

Ingrédients – pour 2 personnes

 

Pour l’escalope

2 morceaux d’échine ou d’escalope de porc

2 ou 3 tranches de pain grillé bio

1 petit oeuf

un peu de farine blanche

sel, poivre, piment en poudre (ou épices shichimi si vous en avez)

 

Pour la sauce

2 cs de sauce Worcestershire (au rayon cuisine du monde de votre supermarché

2 cs de ketchup (bio… c’est toujours pas top mais c’est quand même un peu mieux)

1 cs de sauce d’huître (toujours au rayon cuisine du monde)

1/2 cs de sucre roux

1/2 à 1 cs de jus de citron 

 

Préparez la sauce :

Mélangez tous les ingrédients et rectifiez selon votre goût. Réservez.

Passez à la viande :

Réduisez en « poudre épaisse » les tranches de pain grillés à l’aide d’un mixeur. Ajoutez un petit peu de poivre, de piment ou d’épices shichimi.

Cassez l’oeuf dans un bol et fouettez-le avec une fourchette. Ajoutez un peu de sel et de poivre (des herbes également si ça vous tente !).

Versez la farine dans une assiette et la panure dans une autre.

Disposez les morceaux de porc dans l’assiette de farine et tournez-les bien pour que la farine les imprègnent bien.

Trempez-les ensuite généreusement dans l’oeuf.

Enrobez-les ensuite de panure, en appuyant avec vos doigts pour qu’elle accroche bien.

Faites chauffer de l’huile neutre dans une grande poêle. Mettez-en plus ou moins en fonction du résultat recherché : en mettant moins d’huile vous réduisez le gras sur la viande mais la panure sera moins croquante. A vous de voir !

Vérifiez que l’huile est bien chaude en jetant un morceau de panure dedans : si ça crépite, c’est que c’est prêt.

Disposez les escalopes de porc pannées dans la poêle et faites-les cuire environ 3 à 4 minutes de chaque côté. Les deux faces doivent être bien dorées.

Posez-les ensuite sur du papier absorbant pour enlever l’excès d’huile.

Coupez le porc en lamelles et mangez avec la sauce !

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